🜁𓂀🜅
Toutes les images que vous verrez dans cet article sont issues de VIRILIS MENTIS PRIME, (en cours d’édition) un corpus visuel et conceptuel traversant mes pensées au sein de son Artefact Edition.
🜁𓂀🜅
Je rêve d’un monde où la curiosité devient une noblesse,
et où le discernement apprend aux opposés
à coexister sans s’annuler.
Je viens des angles morts,
là où le chaos cherche encore son langage,
et j’ai trouvé dans le silence habité
un lieu pour entendre ce que le bruit recouvre.
Subjectivement, je ressens.
Objectivement, j’interroge.
Projectivement, j’imagine.
Adjectivement, je nuance.
Intersubjectivement, je relie.
Je ne prétends pas saisir l’insaisissable.
Je structure seulement une cohérence
pour que la vérité puisse l’habiter…
Ou non…
Par un verbe vertical qui pense à voix écrite, pour que le monde redevienne enfin lisible.
🔬-[❓ Pour celles et ceux qui souhaitent contribuer discrètement à cette recherche, un court questionnaire (≈ 3 minutes) est proposé ci-dessous. Il alimente mes enquêtes.
⚠️ Le Worldbuilding Vertical n’est ni un genre littéraire, ni un univers de fiction au sens classique.
Il ne relève ni strictement de la science-fiction, ni de la fantasy, ni de la mythologie, bien qu’il puisse emprunter à chacun de ces domaines certains symboles, archétypes, motifs ou esthétiques.
Contrairement au worldbuilding horizontal, qui construit un monde par accumulation d’éléments extérieurs — géographie, peuples, technologies, chronologies, systèmes politiques, langues, panthéons ou civilisations — le Worldbuilding Vertical se construit par superposition de couches de sens.
Son unité fondamentale n’est donc pas le territoire, mais la signification. Son moteur n’est pas seulement la cohérence historique d’un monde imaginaire, mais la cohérence interne d’une architecture symbolique.
Dans cet article, je présente les couches propres à mon univers : survie psychique métacognitive, morphogenèse symbolique, mythologie antique épique, rétrofuturisme spectral et métaphysique computationnelle. Elles ne constituent pas une règle universelle. Elles sont une application personnelle du modèle.
Pour les artistes conceptuels, auteurs, worldbuilders, directeurs artistiques ou lecteurs curieux, l’enjeu n’est donc pas nécessairement de reprendre les mêmes contenus que moi, mais de comprendre la fonction des couches : invisible, organisatrice, manifeste, atmosphérique et subtile.
Chaque projet peut remplir ces couches autrement. L’important n’est pas ce qui est intégré dans la couche, mais le rôle que cette couche joue dans la génération du monde.
Le Worldbuilding Vertical relève ainsi davantage d’une architecture symbolique que d’une fiction classique. Il cherche moins à inventer un monde qu’à cartographier les mécanismes qui donnent naissance aux mondes, aux récits, aux identités et aux systèmes de sens.
🜁 SURVIE PSYCHIQUE MÉTACOGNITIVE 🜅
☑ COUCHE INVISIBLE
« Celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but peut vivre avec n’importe quel comment. »
— Friedrich Nietzche
🜁 Avant les symboles, avant les récits, avant les mondes, il y a parfois une nécessité plus fondamentale : survivre intérieurement. Cette première couche ne relève ni de l’esthétique ni du mythe. Elle correspond à cet espace silencieux où l’individu tente de maintenir une cohérence psychique lorsque son environnement, son corps, ses certitudes ou ses repères vacillent. La métacognition intervient alors comme une forme d’observation de soi : non plus seulement vivre une expérience, mais observer la manière dont on la vit. Cette distance réflexive permet parfois de transformer une fracture en question, une souffrance en matière à penser, ou un chaos en potentiel d’organisation. 🜅
🜁 Dans le Worldbuilding Vertical, cette couche est dite invisible car elle précède toute manifestation. Elle est le terreau dont émergeront ensuite les symboles, les mythes et les architectures de sens. Le noir qui domine cette représentation ne symbolise donc pas le vide. Il représente au contraire une densité encore non déployée. Un espace où les formes ne sont pas absentes, mais en gestation. Le silence y joue un rôle analogue : il n’est pas une absence de contenu, mais une réserve de signification. Avant qu’un monde puisse être construit, quelque chose doit d’abord apprendre à demeurer face à lui-même. 🜅
Dans le silence naissent parfois les premières formes.
Une ligne apparaît, puis une autre.
Le chaos semble alors chercher sa propre géométrie.
Et l’invisible commence lentement à s’organiser.
🜁 MORPHOGÉNÈSE SYMBOLIQUE 🜅
☑ COUCHE ORGANISATRICE
« L’homme est un animal suspendu dans des toiles de significations qu’il a lui-même tissées. »
— Clifford Geertz
🜁 Si la première couche correspond à la survie psychique, la seconde correspond à l’apparition des premières structures de sens. Mon rapport au symbole occupe ici une place centrale. Je ne considère pas le symbole comme un simple ornement, une décoration intellectuelle ou une figure ésotérique. Je le vois davantage comme une condensation de sens : un point de convergence où plusieurs idées, expériences ou intuitions viennent se rencontrer. Dans mon propre processus créatif, je pars souvent de l’abstraction avant d’aller vers l’incarnation. Un symbole apparaît, puis ce symbole se déploie progressivement en récits, en personnages, en concepts, en architectures ou en univers. Cette démarche n’a rien d’universel et ne prétend pas constituer une méthode supérieure. Elle correspond simplement à ma manière d’utiliser la couche organisatrice : partir d’un noyau de sens avant d’en explorer les ramifications.🜅
🜁 Cette logique rejoint également ce que j’appelle parfois le monde liminal de mon univers : cet espace intermédiaire où les formes ne sont pas encore totalement fixées. Les symboles y jouent un rôle de passerelles entre différents fragments du réel. Ils relient ce qui semble séparé. Ils permettent de faire dialoguer l’intime et le collectif, le psychologique et le culturel, le vécu et l’imaginaire. C’est également dans cette zone que s’articulent certaines tensions fondatrices : le symbole qui relie, le diabole qui sépare, le métabole qui transforme. Le symbole ne sert donc pas uniquement à représenter ; il sert à organiser. Il agit comme une architecture invisible permettant à des éléments dispersés de trouver une cohérence commune avant de devenir récits, mythes ou visions du monde. 🜅
Puis les formes apprennent à porter des noms.
Les récits émergent des structures silencieuses.
Les archétypes s’avancent depuis l’ombre des symboles.
Et le monde commence enfin à prendre figure héroïque.
🜁 MYTHOLOGIE ANTIQUE ÉPIQUE 🜅
☑ COUCHE MANIFESTE
« Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte, mais une habitude. »
— Attribution traditionnelle à Aristote
🜁 S’il existe une couche particulièrement visible dans mon univers, c’est probablement celle-ci. C’est également celle qui peut parfois induire certaines confusions légitimes. La présence récurrente de temples, de colonnes, de héros, de lions, de figures archétypales ou d’une esthétique inspirée de l’Antiquité peut donner l’impression que Le Verbe Vertical relève principalement de la mythologie ou de la fantasy philosophique. Pourtant, ces éléments constituent avant tout une forme d’incarnation symbolique. À travers l’Épicothérapie, les archétypes jungiens et les récits héroïques, j’ai progressivement trouvé un langage permettant de rendre visibles certaines dynamiques psychologiques et existentielles. Cette couche représente probablement près de 80 % de l’ADN visuel de mon univers. J’aurais pu mobiliser d’autres imaginaires — médiévaux, futuristes ou contemporains — mais l’esthétique antique et épique s’est imposée naturellement, car elle a profondément participé à ma propre construction intérieure. C’est dans cet espace que les archétypes peuvent prendre corps, devenir personnages, figures ou récits. D’une certaine manière, la verticalité elle-même n’est apparue qu’après coup, comme une tentative de comprendre la structure sous-jacente qui reliait déjà ces manifestations épiques entre elles. 🜅
🜁 Cependant, cette couche ne se réduit pas à l’héroïsme ou à la grandeur des récits. Elle est également traversée par un ensemble d’influences philosophiques qui ont façonné ma manière de penser. Le stoïcisme y occupe une place particulière. Là où certaines philosophies demeurent essentiellement conceptuelles, l’univers antique m’a offert un langage visuel capable d’incarner des notions telles que la discipline intérieure, la responsabilité, la maîtrise de soi ou la persévérance face à l’adversité. D’autres influences, comme le soufisme ou le taoïsme, sont également présentes, mais elles se traduisent davantage par des valeurs, des orientations ou des sensibilités que par des représentations explicites. Les colonnes, les temples ou les figures héroïques ne représentent donc pas uniquement un passé idéalisé. Ils constituent une tentative de rendre visibles des principes philosophiques qui, sans cela, demeureraient abstraits. Le manifeste devient alors un pont entre le symbole et l’expérience vécue. 🜅
Mais les mythes ne regardent pas seulement derrière eux.
Ils portent aussi des visions de ce qui pourrait advenir.
Car chaque époque imagine son futur à travers ses propres rêves.
Et parfois, les temples d’hier deviennent les machines de demain.
🜁 RÉTROFUTURISME SPECTRAL 🜅
☑ COUCHE ATMOSPHÉRIQUE
« Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants ; nous voyons davantage non parce que notre vue est meilleure, mais parce que nous sommes portés plus haut. »
— Bernard de Chartres
🜁 Le rétrofuturisme spectral constitue avant tout une couche atmosphérique. Contrairement à la mythologie antique épique, qui occupe une place manifeste et immédiatement visible, cette couche agit davantage comme un climat, une vibration ou une tension entre plusieurs réalités. Son origine est double. D’une part, elle est nourrie par mon attachement personnel à certaines esthétiques rétrofuturistes, notamment l’imaginaire synthwave et les représentations du futur issues des années 1980. Toutefois, je n’ai jamais souhaité en faire un élément dominant ou ostentatoire. Je préfère l’utiliser sous forme de traces discrètes : quelques halos spectraux, des reflets néon, des écrans cathodiques, des silhouettes vaporeuses ou des couleurs qui semblent émerger à la frontière entre plusieurs mondes. Cette présence demeure volontairement subtile afin de ne pas concurrencer les autres couches, mais de les relier.🜅
🜁 Le terme spectral possède également une signification plus profonde dans mon univers. Il renvoie à ce que j’appelle l’Êtrejectif : un espace de perception non stabilisé où dialoguent plusieurs pôles simultanément — le subjectif, l’intersubjectif, l’objectif, l’adjectif et le projectif. Le spectral apparaît précisément dans ces zones de collision, lorsque plusieurs couches de réalité se rencontrent sans encore se résoudre. C’est aussi pour cette raison que cette couche intervient après la mythologie antique épique. Si la trajectoire du Worldbuilding Vertical commence par la survie, puis s’organise à travers les symboles avant de se manifester dans l’épopée, le rétrofuturisme spectral représente le moment où cette énergie épique refuse de disparaître. Elle se projette vers demain. Elle imagine ce qui pourrait advenir. Elle constitue la tension même de la projection. Le futur n’est alors pas encore atteint ; il est rêvé, anticipé, pressenti. Le rétrofuturisme spectral est la trace de cette projection continue vers un horizon qui n’existe pas encore mais qui influence déjà le présent.🜅
Puis les projections deviennent des architectures.
Les visions se condensent en réseaux invisibles.
L’information remplace progressivement la matière.
Et l’humain s’avance vers l’abstraction de ses propres créations.
🜁 MÉTAPHYSIQUE COMPUTATIONNELLE 🜅
☑ COUCHE SUBTILE
« Tout ce qui monte converge. »
— Pierre Teilhard de Chardin
🜁 La métaphysique computationnelle constitue la couche la plus discrète de mon univers. Contrairement à la mythologie antique épique ou même au rétrofuturisme spectral, elle n’apparaît pas systématiquement. Elle se manifeste souvent par de simples indices : quelques flux binaires, des structures géométriques, des réseaux lumineux, des motifs récurrents ou des architectures invisibles qui semblent se dessiner derrière les représentations. Cette discrétion est volontaire. La métaphysique computationnelle ne cherche pas à remplacer les couches précédentes ; elle cherche à révéler ce qui pourrait les relier. Dans mon imaginaire, elle représente le moment où la projection tend vers l’absolu. Non pas un absolu atteint, mais un horizon vers lequel la conscience continue de se diriger. Comme si la survie psychique, après avoir organisé le chaos, traversé les symboles, incarné les archétypes et projeté ses visions vers le futur, finissait par entrevoir quelque chose qui dépasse les récits eux-mêmes.🜅
🜁 Cette couche exprime également une intuition plus profonde : celle que derrière nos représentations du monde pourraient exister des architectures invisibles encore incomplètement comprises. Les flux computationnels, les réseaux, les structures informationnelles ou les formes abstraites qui apparaissent parfois dans mes créations ne sont pas des affirmations sur la nature du réel. Ils constituent plutôt une métaphore de cette quête de compréhension. Comme si la projection avait finalement percé la surface des apparences pour apercevoir les mécanismes qui les rendent possibles. La métaphysique computationnelle devient alors une ouverture. Une manière d’imaginer que le réel possède encore des profondeurs inexplorées, que la connaissance demeure inachevée et que l’espoir continue d’exister précisément parce que tout n’a pas encore été compris. Derrière la matrice des récits, derrière les symboles, derrière les mythes eux-mêmes, subsiste toujours la possibilité d’un nouvel horizon.🜅
Que le doute demeure, mais qu’il ne ferme jamais l’horizon.
Que la lucidité demeure, mais qu’elle n’éteigne jamais l’émerveillement.
Car l’espèce humaine avance autant par ses questions que par ses réponses.
Et même à travers le numérique, il reste possible de regarder le monde avec gratitude.
QTLX — JOURNAL D'ATELIER
☑ COUCHE INVISIBLE
☑ COUCHE ORGANISATRICE
☑ COUCHE MANIFESTE
☑ COUCHE ATMOSPHÉRIQUE
☑ COUCHE SUBTILE
☐ MATURER SON UNIVERS
☐ NOURRIR L'ARCHITECTURE D'AUTRES CRÉATEURS
☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐ ☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐ ☐☐☐☐☐☐☐☐ ☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐☐ ☐☐☐☐☐☐☐☐
▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓
▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓
▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓ ▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓
▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓ ▓▓▓▓▓▓▓▓
▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓
01001100 01000101 01010110 01000101 01010010
01000010 01000101 01010110 01000101 01010010
01010100 01001001 01000011 01000001 01001100
🜁 INSPIRATIONS BIBLIOGRAPHIQUES 🜅
🜁 The Anatomy of Story — John Truby (2007)
Bien davantage qu’un manuel d’écriture, cet ouvrage explore la manière dont les valeurs, les conflits, les visions du monde et les transformations intérieures façonnent l’architecture profonde d’un récit. Truby montre qu’un univers cohérent ne naît pas seulement de sa géographie ou de son histoire, mais d’une logique interne qui relie personnages, symboles et thèmes. Une référence pertinente pour penser le passage d’un worldbuilding horizontal vers une architecture construite à partir du sens. 🜅
🜁 Building Imaginary Worlds: The Theory and History of Subcreation — Mark J. P. Wolf (2012)
L’un des travaux universitaires les plus complets consacrés au worldbuilding. Wolf analyse les mécanismes qui permettent à un univers de devenir crédible, cohérent et transmissible. Même si son approche reste majoritairement orientée vers le worldbuilding classique, elle offre un excellent point de comparaison pour comprendre ce que cherche à faire le Worldbuilding Vertical : déplacer l’attention du territoire vers la structure symbolique qui lui donne naissance. 🜅
🜁 Wonderbook: The Illustrated Guide to Creating Imaginative Fiction — Jeff VanderMeer (2013)
À la frontière entre manuel créatif, laboratoire conceptuel et réflexion artistique, cet ouvrage accorde une place importante aux symboles, aux atmosphères, aux associations d’idées et aux processus de conception. VanderMeer montre comment des images, des intuitions ou des structures abstraites peuvent progressivement se transformer en mondes. Une lecture particulièrement proche de l’esprit du Worldbuilding Vertical, où l’univers émerge d’abord d’une vision avant de devenir un décor. 🜅
🜁 Le Verbe Vertical ne s’explique plus… Il se traverse🜅









