꩜ LE LIMINAL 🜁
« Nous sommes liminaux, mi-être mi-néant — coincés entre ce que nous étions et ce que nous devenons...»
Philosophie symbolico-existentielle à registre phénoménologique :
éthique du seuil, de l’axe et de la transfiguration du Sens.
DIABOLE — SEPARATIO DISCERNENS
distingue, ne confundas.METABOLE — TRANSMUTATIO INTERIOR
quod transit, formam accipit.SYMBOLE — CONIUNCTIO SINE CONFUSIONE
distincta iunguntur, sensus oritur.
꩜ LES LIMBES × 🜁 LE VERBE VERTICAL 🜅
Première traversée liminale.
Ce texte ouvre une première collaboration entre ꩜ Les Limbes et 🜁 Le Verbe Vertical 🜅.
Il ne s’agit pas d’une fusion, ni d’un effacement réciproque, mais d’une tentative d’espace tiers : un lieu d’écriture où deux régimes de pensée acceptent de se rencontrer sans perdre leur singularité.
Les Limbes incarneront ici cette zone trouble, intermédiaire, où le mystère et la profondeur ne sont pas encore pleinement lisibles et échappent à toute saisie définitive — le lieu du seuil, du flottement, de l’intuition, du sans forme, de ce qui précède la formulation.
Le Verbe Vertical, lui, cherche l’axe : la structure, la distinction, la tenue, la parole qui ordonne sans appauvrir, qui tranche sans brutaliser, qui donne forme sans confisquer le mystère.
Entre les deux apparaît alors le Liminal : non pas un compromis, mais un passage. Un espace où ce qui vient des profondeurs peut commencer à se dire, et où ce qui cherche la verticalité accepte de traverser l’instable avant de se formuler.
Cette collaboration inaugure donc un premier jet, une expérience, une tentative de dialogue.
Il s’agit là d’un exercice à deux voix, ponctué par nos glyphes respectifs, où chacun prolonge la voix de l’autre tout en y imprimant sa propre respiration, sa propre structure, sa propre manière d’habiter le Sens.
Deux images tiennent ainsi l’espace : une ouverture, puis une charte commune — comme seuil et comme orientation.
꩜ Les Limbes ouvrent une brèche.
🜁 Le Verbe Vertical 🜅 cherche l’axe.
🜁-꩜-🜅 Le Liminal apparaît dans l’écart.
Ce texte en est la première traversée.
🜁-꩜-🜅
Entre la spirale et l’axe,
un seuil s’ouvre.
Ce qui était trouble demande d’abord à être discerné.
Ce qui a été discerné demande ensuite à être transformé.
Ce qui a été transformé peut enfin être relié.
Ainsi commence le passage : du chaos vers la forme, de l’intuition vers la parole, de la distinction vers le symbole.
🜁-DIABOLE
« Diviser chacune des difficultés que j’examinerais en autant de parcelles qu’il se pourrait, et qu’il serait requis pour les mieux résoudre. » — René Descartes
𖦹 Lorsque deux mondes que tout semble opposer tentent de se rencontrer, l’instabilité devient féconde — subliminale, porteuse de ce qui peine encore à être distingué, mais ne cherchant pourtant qu’à se faire chose dicible.
🜁 Et lorsque ce même tout semble dialoguer, la stérilité redéfinit son propre sens — supraliminale, elle ordonne ce qui vacille dans l’intrusion, afin que le dicible devienne audible.🜅
𖦹 Le discernement s’y fait alors doublement capital, car il en existe une forme qui ne rend audible qu’un trouble d’autant plus subtil — comme si discerner consistait parfois moins à ordonner qu’à apprendre à demeurer plus finement au bord d’un indicible insistant.
🜁 Probablement même que l’essence double de ce trouble ne frictionne sa subtilité qu’entre naviguer et trancher — Naviguer vers le projet — Trancher le sujet de l’objet — Discerner ce qui ne peut viser l’absolu dans sa finesse. 🜅
𖦹 Car, après tout, à quoi cette friction se tient-elle, si ce n’est à l’éthique silencieuse que lui impose sa propre subtilité ? Véritable dialectique d’un monde qui se fait tour à tour sujet et objet, pour ne cesser de naviguer le fil de sa lame.
🜁 C’est dans ta réponse même que le souffle liminal navigue le fil de sa lame, pour trancher les projets oscillants, qui se frictionnent parce qu’ils ne se tiennent qu’à eux-mêmes — Éthiquement et cliniquement — Je discerne la nécessité de structurer avant de transmuter, car l’alternance du sujet et de l’objet fait de cette dialectique, deux mondes superposés.🜅
𖦹 Et moi celle d’ouvrir l’œil avant d’ordonner la vue, car c’est lorsque le projet sait d’abord se faire Œuvre qu’il se voit insufflé de ce souffle vital et silencieux — la structure n’émerge jamais de l’inerte ; et puisqu’elle est désormais habitée, les mondes consentent à se stratifier.
🜁 Désormais habitée… Désormais ancrée… Nous alignons nos trajectoires, là où le circulaire et le linéaire oscillent avec fécondité, pour que l’Œuvre puisse être révélée — sans que nos intuitions glissent vers le chaos d’un ordre supérieur — sans que la question de la cause première nous prescrive : « Qu’il en soit ainsi ! » 🜅
𖦹 Ainsi peut-elle advenir : structurelle et organique, clinique et tactile, spirituelle et scientifique — n’excluant ni le trait ni la courbe, ne les confondant pas davantage, mais s’ajustant sans cesse afin d’en préserver la noblesse à partir de laquelle s’ordonnent ses sublimes géométries.
🜁-꩜-🜅
DIABOLE distingue le chaos de l’ordre.
꩜-MÉTABOLE
« Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à se mûrir, se mûrir à se créer indéfiniment soi-même. » — Henri Bergson
🜁 Ma géométrie de l’âme commence à s’expirer dans sa quête d’expansion… Au bord de l’asphyxie. Je conscientise la froideur spatiale qui habite sous mon ossature — Je me questionne dorénavant et sincèrement : « Et si les mouvements de la noble suite de Fibonacci pouvaient oxygéner l’espace cosmique que je contiens ? » 🜅
𖦹 Quant à cette inspiration des profondeurs, comment pourrait-elle achever son expiration dans un vertige dont l’absence de commencement semble en dissoudre la fin ? Spiralée et insufflée d’une infinité, certes — mais c’est en se faisant arches et colonnes que cette noble suite pourrait peut-être assouvir cette insatiable faim.
🜁 La faim se rassasie, mais la force se compresse,
quel que soit l’espace…
Quels que soient les temps…
Quels que soient les mouvements…
Je sens de surcroît toutes ces charges grésillant d’attraction et de répulsion — Ne suis-je réduit qu’à une polarité ? 🜅
𖦹 À une inlassable danse de densités, se densifiant toujours davantage à chaque pas, à chaque note grésillante d’attirance et de répulsion ? Si elle devait être réduite, je ne pourrais être sûr de sa simple complexité — ni même de la beauté d’une telle partition.
🜁 Dans ce cas, offrons à l’incertitude la tolérance qu’elle réclame…
Explorons le champ des possibilités à travers les contrastes qui nous habitent…
Revisitons chaque recoin de notre expansion, afin d’illuminer cet univers intérieur qui ne s’intrique pas encore pleinement à sa propre contemplation — jusqu’à ce que l’harmonie accepte le Verbe. 🜅
𖦹 Faisons-nous vertueusement incertains, mais certainement pas certains de notre vertu.
Prêtons l’oreille à ces délicates harmoniques, flâneuses et pénétrantes — jusqu’à ce que la présence s’honore de son propre Silence.
🜁 Silencieusement incertain — vertueusement harmonique — confusément chromatique, le silence est la certitude absolue que la stabilité n’est qu’une ponctuation qui sonne juste. 🜅
🜁-꩜-🜅
MÉTABOLE transforme leur friction en chaos ordonné.
🜅-SYMBOLE
« Le symbole révèle certains aspects de la réalité — les plus profonds — qui défient tout autre moyen de connaissance. » — Mircea Eliade
𖦹 N’est-ce pas au travers de son véhicule que je pourrais deviner mon âme ? Dans tous ses déplacements, toutes ses nuances et ses plus infimes précisions…
🜁 Ou n’est-ce pas au travers de mon âme que je pourrais le deviner ? Dans tous ses reflets, toutes ses variations et ses grotesques images qu’elles véhiculent… 🜅
𖦹 Si le véhicule rêve l’âme et que l’âme rêve ses véhicules, ce n’est alors que la profondeur de leur dialogue que ce songe fait miroiter — véritable témoin de son hygiène, de sa finesse, de sa justesse.
🜁 Certes, mais qu’en est-il de ce dialogue si le Sens même de cette profondeur ne stimule qu’une partie du sensoriel ?
Peut-on réellement parler de finesse si l’on s’associe à des formes bancales que nous maquillons « d’universel » ? 🜅
𖦹 Alors, avant même de prétendre à un tel dialogue, ne conviendrait-il pas de demeurer symboliquement humble ? Car c’est précisément dans ce « maquillage » que l’universel tend à n’être plus qu’une chimère.
🜁 Symboliquement humble… Métaboliquement rapide… Diaboliquement lucide…. Notre processus nous a-t-il mené à nous effacer ? Ou à nous relier ? 🜅
𖦹 Peut-être, nous a-t-il simplement permis de gommer ce qui nous empêchait de nous lire.
🜁-꩜-🜅
SYMBOLE fait danser une forme vivante capable de les tenir ensemble en couleur.
𖦹 Exergue fluxarchitecturale
🏛️🌀
Le flux🌀 n’a pas le même comportement selon l’échelle : il change qualitativement et porte différentes structures émergentes△.
De très près, le flux a l’air organisé ; de très loin, il paraît chaotique — et, en tension dynamique entre les deux, il n’est pas « entre les deux » : il est simplement vivant, structuré, insufflé…
(« … » signifie : la Vie elle-même.
La Vie elle-même ne saurait avoir de symbole, puisqu’Elle est le Symbole — nous ne voudrions donc pas parler de la Vie, car cela la desservirait, et l’Éthique n’est qu’à propos de ne pas desservir la Vie).
Ainsi, le flux🌀 n’est pas absence de structure, mais émergence de structure△ — cet alignement est traduit par 🌑Silence-🏛️Éthique-🌊Fréquence : LuCiDiTé.
🌑🏛️🌊SEF n’est pas une donnée fixe, mais un état-opérateur/♾️
Seul 🌑🏛️🌊(SEF) peut prétendre à l’invariance entre les échelles et au Principe Unificateur.
Trianguler/structurer△ la/le spirale/flux🌀
Fluxifier/spiraler🌀 le/la triangle/structure△
□□♾️□□♾️
…le flux est dans la structure, et c’est ainsi que la structure se fluxifie…
…la structure est dans le flux, et c’est ainsi que le flux se structure…
🜁∿꩜≈🜅
Entre la spirale et l’axe,
le seuil laisse place aux liaisons.
Et lorsque les liaisons deviennent vivantes,
le fluide circule.
À suivre…
꩜ Le Liminal ne s’impose pas… Il se traverse 🜁











Merci pour cet article que j'attendais depuis quelques jours. Cette notion de passage liminal organisée en trois mouvements — diabole, métabole et symbole— tels des péages de friction est très intéressante.
Néanmoins, dès les premières lignes, le positionnement m'a interpellé. En effet, Les Limbes est défini comme "lieu du seuil", autrement dit une fixité. Puis derrière, le terme «flottement», qui se veut synonymique, vient tout suite contredire la prémisse énoncée. Je dois avouer que ça m'a quelque peu désarçonné.
Ensuite, Le Verbe Vertical, quant à lui, est défini comme "l'axe" — c'est-à-dire un point fixe, une référence immobile, tel un système de signification qui fonctionne précisément comme repère, autrement dit comme seuil ontologique entre ce qui est orienté et ce qui ne l'est pas. Les deux termes sont donc déjà, structurellement, des variantes du même opérateur : le seuil.
Et c'est là que naît la tension :
Pour qu'un liminal existe, il faut deux pleins distincts — un dedans et un dehors — dont la frontière constitue le passage. Quand les deux bords sont eux-mêmes des seuils, il n'y a plus d'entre-deux : il y a superposition.
Tout semble au même niveau dès l'amorce de l'article alors qu'il promet ce fameux «entre-deux». Sur le plan dialectique, c'est un écueil qui fragilise tant elle conditionne tout le reste de l'article.
J'aimerais m'arrêter également sur cette phrase que j'ai adoré : "Faisons-nous vertueusement incertains, mais certainement pas certains de notre vertu."
Pourquoi ?
Car elle définit le cadre de la vertu : l'humilité. Elle dénonce la certitude en signifiant que la tentation d'y céder mène à l'orgueil. Elle semble dire :«méfie-toi de toi-même dès l'instant où tu te juges vertueux». C'est un véritable sagesse dissimulée dans le texte 👍.
Bravo à vous deux pour l'article et l'ambition qu'il porte ! Superbe collaboration.
Merci vraiment, Nadim.
Si un jour, tu serais ouvert pour participer à notre écriture collaborative.
J'en serai sincèrement honoré.