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Toutes les images que vous verrez dans cet article sont issues de VIRILIS MENTIS PRIME, (en cours d’édition) un corpus visuel et conceptuel traversant mes pensées au sein de son Artefact Edition.
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Je rêve d’un monde où la curiosité devient une noblesse,
et où le discernement apprend aux opposés
à coexister sans s’annuler.
Je viens des angles morts,
là où le chaos cherche encore son langage,
et j’ai trouvé dans le silence habité
un lieu pour entendre ce que le bruit recouvre.
Subjectivement, je ressens.
Objectivement, j’interroge.
Projectivement, j’imagine.
Adjectivement, je nuance.
Intersubjectivement, je relie.
Je ne prétends pas saisir l’insaisissable.
Je structure seulement une cohérence
pour que la vérité puisse l’habiter…
Ou non…
Par un verbe vertical qui pense à voix écrite, pour que le monde redevienne enfin lisible.
🔬-[❓ Pour celles et ceux qui souhaitent contribuer discrètement à cette recherche, un court questionnaire (≈ 3 minutes) est proposé ci-dessous. Il alimente mes enquêtes.
Préambule
Du Techno Sapiens matriciel au Techno Sapiens anthropologique
Dans le premier volet de Techno Sapiens, nous avons posé une matrice.
Il y était question du langage chromato-symbolique, de la matrice QTLX et de l’IA verticale : trois manières de penser la technique non comme une simple accélération de la production, mais comme une possible architecture de discernement.
La question centrale était alors :
Quelle matrice faut-il construire pour que la technique augmente le discernement plutôt que la dispersion ?
Pour celles et ceux qui auraient manqué ce premier volet, vous pouvez le retrouver ici :
Avec ce second volet, la question se déplace.
Il ne s’agit plus seulement de comprendre quelle matrice peut soutenir le discernement, mais d’observer ce que l’IA révèle de l’humain lorsqu’elle amplifie ses usages, ses réflexes, ses désirs et ses manières d’habiter le monde.
Techno Sapiens II n’est donc pas seulement un article sur l’IA.
C’est un article sur les différentes façons d’habiter l’IA.
Le véritable sujet n’est pas la machine en elle-même, mais l’humain que la machine amplifie.
Ce second volet explorera cinq blocs.
Le premier portera sur l’IA Amplificateur : non pas une IA souveraine, consciente ou supérieure, mais une interface qui intensifie la région intérieure depuis laquelle elle est mobilisée.
Le deuxième portera sur Homo Axialis, la logique de l’Axe : archive, architecture, métacadrage et transmission.
Le troisième portera sur Homo Socialis, la logique du Réseau : domination, influence, normativité et sécurisation.
Le quatrième abordera l’affaire Étienne Klein, non pour la polémique en elle-même, mais pour ce qu’elle révèle de notre rapport aux archives dormantes, aux savoirs stockés, aux corpus oubliés et à la mémoire intellectuelle réactivable.
Le cinquième proposera le Réseau axial : une tentative de faire circuler le savoir sans le dissoudre dans la seule visibilité, et d’orienter le lien par le discernement.
Ces cinq blocs forment une progression :
L’IA amplifie.
L’Axe structure.
Le Réseau circule.
L’archive se réactive.
Le Réseau axial propose une synthèse.
C’est ici que commence Techno Sapiens II.
Non par la condamnation de l’IA.
Non par l’idéalisation de l’Axe.
Non par le mépris du Réseau.
Mais par une question plus discrète :
Que devient l’humain lorsque ses outils amplifient non seulement ce qu’il produit, mais aussi la logique intérieure depuis laquelle il produit ?
Garde-fou préalable
Deux archétypes cognitifs, non deux catégories humaines
Avant d’entrer dans ces cinq blocs, une précision est nécessaire.
Homo Axialis et Homo Socialis ne désignent pas deux espèces humaines.
Ils ne désignent pas non plus deux catégories morales.
Il n’y a pas, d’un côté, les “bons” humains de l’axe, et de l’autre, les “mauvais” humains du réseau.
Ces deux figures doivent être comprises comme des archétypes cognitifs poussés à l’extrême, dans le cadre d’une expérience de pensée futurologique.
À l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, certaines tendances humaines pourraient devenir plus visibles, plus puissantes, plus structurantes.
La logique d’axe pourrait être amplifiée.
La logique de réseau pourrait l’être aussi.
Un individu n’est jamais enfermé dans une seule figure. Selon les moments de sa vie, ses usages, son environnement ou son état intérieur, il peut mobiliser davantage l’une, davantage l’autre, ou une combinaison des deux.
L’enjeu n’est donc pas de classer les personnes.
L’enjeu est d’observer des mécanismes.
Non pour juger l’humain,
mais pour comprendre ce que la technique amplifie en lui.
🜁 IA AMPLICATEUR 🜅
LE RÉVÉLATEUR DE DEUX ARCHÉTYPES COGNITIFS
☑ VERTICALITÉ & HORIZONTALITÉ
« Nous façonnons nos outils, puis nos outils nous façonnent. »
— Marshall McLuhan
🜁 Avant l’intelligence artificielle, l’humain avait déjà appris à externaliser une partie de lui-même. L’écriture a sorti la mémoire du corps. L’imprimerie a multiplié la pensée. La photographie a fixé le visible. Internet a accéléré l’accès aux savoirs. Les réseaux sociaux ont transformé la parole en circulation permanente. À chaque seuil technique, une même question revient : l’outil prolonge-t-il l’humain, ou révèle-t-il ce qui, en lui, cherchait déjà à s’amplifier ? L’IA arrive après cette longue histoire. Elle ne tombe pas dans un monde neutre. Elle entre dans un monde déjà saturé de données, d’images, de réactions, d’archives, de désirs de visibilité et de besoins de structuration.🜅
🜁 C’est pourquoi je parlerai ici d’IA Amplificateur. Non pas une IA souveraine, consciente ou supérieure, mais une interface qui intensifie la logique depuis laquelle elle est mobilisée. Utilisée depuis la dispersion, elle peut produire plus vite du bruit mieux formulé. Utilisée depuis le besoin de visibilité, elle peut optimiser la présence, la réaction, l’influence et l’adaptation au flux. Mais utilisée depuis une exigence de discernement, elle peut aider à clarifier, relier, hiérarchiser, reformuler, archiver et transmettre. L’IA ne crée donc pas l’axe. Elle le teste. Elle ne révèle pas seulement ce que l’humain peut produire ; elle révèle depuis quelle région intérieure il produit. C’est à partir de cette amplification que deux archétypes cognitifs apparaissent : Homo Axialis, orienté par la structure et la transmission ; Homo Socialis, orienté par le réseau et la circulation. 🜅
L’outil n’invente pas la source,
il grossit la direction du courant.
Là où le flux se disperse, une figure cherche l’axe.
Elle entre dans l’archive pour y trouver une forme.
🜁 HOMO AXIALIS 🜅
LA LOGIQUE DE L’AXE
☑ ARCHIVE, ARCHITECTURE, MÉTACADRAGE & TRANSMISSION
« La mémoire est l’avenir du passé. »
— Paul Valéry
🜁 Depuis les premières tablettes gravées jusqu’aux bibliothèques, des scriptoria médiévaux aux encyclopédies, des archives nationales aux bases de données contemporaines, une même fonction traverse les civilisations : empêcher que l’expérience humaine se dissolve dans l’instant. Homo Axialis désigne cet archétype cognitif orienté vers la conservation, la structuration et la transmission du sens. Psychologiquement, il cherche à organiser ce qui le traverse. Sociologiquement, il devient scribe, archiviste, cartographe, bibliothécaire, chercheur, philosophe, enseignant, architecte de systèmes ou concepteur de cadres. Anthropologiquement, il incarne la part de l’humain qui refuse que le vécu reste seulement vécu : il veut en faire une mémoire, une forme, une carte, une méthode, une trace transmissible. À l’ère de l’IA, cette logique pourrait donner naissance à de nouvelles fonctions : curateur d’archives vivantes, architecte de connaissances, métacartographe, designer de discernement, médiateur de corpus, ou encore gardien des continuités intellectuelles.🜅
🜁 La logique de l’Axe peut se lire à travers quatre gestes fondamentaux. L’Archive demande :
qu’est-ce qui mérite d’être conservé ?
Elle transforme le passage en mémoire et peut être illustrée par la figure du scribe, du bibliothécaire ou de l’historien. L’Architecture demande :
comment organiser ce qui risquait de rester dispersé ?
Elle transforme l’accumulation en structure ; Léonard de Vinci, par son art de relier formes, sciences et machines, en donne une image puissante. Le Métacadrage demande :
depuis quel cadre suis-je en train de penser ?
Il ne regarde pas seulement l’objet, mais le regard qui observe l’objet ; Socrate peut ici servir de figure, parce qu’il interrogeait les présupposés avant les réponses. La Transmission, enfin, demande :
comment rendre partageable ce qui a été compris ?
Elle transforme l’expérience singulière en ressource commune ; Confucius, par son souci de filiation, d’éducation et de continuité morale, peut l’incarner. Homo Axialis n’est donc pas celui qui accumule le savoir pour le posséder, mais celui qui cherche à faire passer le flux intérieur vers une forme durable, lisible et transmissible. 🜅
Dans le silence des archives,
une structure apprend à respirer.
Mais hors du temple, le monde appelle,
et le sens doit traverser le réseau.
🜁 HOMO SOCIALIS 🜅
LA LOGIQUE DU RÉSEAU
☑ DOMINATION, INFLUENCE, NORMATIVITÉ & SÉCURISATION
« L’homme est par nature un animal politique. »
— Aristote
🜁 Depuis les premières tribus jusqu’aux cités antiques, des places publiques aux salons, des journaux aux plateaux télévisés, puis des forums numériques aux réseaux sociaux contemporains, une même fonction traverse l’histoire humaine : organiser la présence des individus dans le regard des autres. Homo Socialis désigne cet archétype cognitif orienté vers le lien, l’appartenance, la visibilité, l’adaptation et la circulation. Psychologiquement, il cherche à être reconnu, situé, validé ou protégé dans un espace relationnel. Sociologiquement, il devient médiateur, orateur, influenceur, diplomate, communicant, community manager, stratège d’image, créateur de réseau ou architecte d’audience. Anthropologiquement, il incarne la part de l’humain qui ne se construit jamais seul : il existe dans une trame de regards, de récits, de groupes, de codes, de statuts et de signes d’appartenance. À l’ère de l’IA, cette logique pourrait produire de nouvelles fonctions : optimisateur de présence numérique, ingénieur d’influence, curateur d’identité sociale, analyste de réputation, médiateur de communautés, designer d’interactions ou stratège de circulation attentionnelle.🜅
🜁 La logique du Réseau peut se lire à travers quatre gestes fondamentaux. La Domination demande :
qui impose le cadre ?
Elle organise les rapports de force, les positions visibles, les hiérarchies implicites ; Machiavel peut ici l’illustrer, non comme caricature cynique, mais comme penseur des mécanismes de pouvoir. L’Influence demande :
qui modifie le regard ?
Elle agit par suggestion, récit, séduction, autorité symbolique ou répétition ; Edward Bernays, par son rôle dans la fabrique moderne de l’opinion, en donne une figure révélatrice. La Normativité demande :
à quoi dois-je ressembler pour rester accepté ?
Elle produit les codes, les attentes, les conformités et les sanctions invisibles ; Émile Durkheim peut l’incarner, parce qu’il a montré la puissance du social sur les conduites individuelles. La Sécurisation, enfin, demande :
que dois-je éviter pour ne pas être rejeté ?
Elle cherche l’appartenance, la protection, la stabilité relationnelle, parfois au prix de l’adaptation permanente ; Erving Goffman peut ici servir de figure, par son analyse des rôles, des façades et des scènes sociales. Homo Socialis n’est donc pas l’humain du lien comme problème ; il devient problématique lorsque le lien, privé d’axe, se transforme en captation, en performance de soi et en circulation sans discernement.🜅
Dans le bruit des présences,
le lien cherche sa forme.
Mais toute circulation laisse des traces,
et certaines archives dorment encore sous la surface.
🜁 L’AFFAIRE ÉTIENNE KLEIN 🜅
AU-DELÀ DU SCANDALE
☑ LA RÉVÉLATION DES ARCHIVES DORMANTES
« Le savoir est la seule matière qui s’accroît quand on la partage. »
— Socrate
🜁 Au moment où j’écris ces lignes, une nouvelle polémique traverse l’actualité intellectuelle française : Étienne Klein, physicien, philosophe des sciences et grand passeur de connaissances, s’est vu retirer son doctorat en philosophie des sciences par l’Université Paris Cité, après une enquête ouverte à la suite des révélations d’Arrêt sur images sur sa thèse soutenue en 1999. Plusieurs médias ont rapporté que cette procédure avait mis en lumière de nombreux passages copiés ou insuffisamment attribués. Je le dis d’emblée :
ce bloc n’a pas pour but d’entrer dans le tribunal médiatique.
Étienne Klein est quelqu’un que j’ai beaucoup suivi, et pour qui je garde du respect comme passionné de philosophie, de physique et de transmission scientifique. Dans ma ligne éditoriale, lorsqu’une affaire polémique est évoquée, ce n’est jamais pour taper sur une personne. Cela ne correspond ni aux valeurs de ce travail, ni à une quelconque noblesse humaine. On peut reconnaître l’apport d’une figure, tout en acceptant que chaque être humain reste traversé par ses faiblesses, ses angles morts, ses contradictions ou ses tentations. Ce qui m’intéresse ici n’est donc pas la chute symbolique d’un homme, mais ce que cette affaire révèle de notre système de conservation du savoir.🜅
🜁 Ce qui m’a le plus frappé, au-delà de la sanction ou du scandale, c’est l’écart temporel. Une thèse est soutenue en 1999. Elle existe. Elle est validée. Elle entre dans les registres.
Puis, pendant des années, combien de personnes la lisent vraiment ?
Combien la reprennent, la prolongent, la contestent, la relient à d’autres travaux ?
Cette question dépasse largement ce cas particulier.
Combien de thèses, de mémoires, d’articles, de rapports, de corpus dorment dans les archives sans être réactivés ?
Nous avons accumulé une quantité immense de savoirs, mais nous savons encore mal les relier. Peut-être sommes-nous arrivés à un seuil où l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage de connaissance, mais de rendre vivante la connaissance déjà produite. Dans un monde que beaucoup décrivent comme en décadence, je reste plutôt optimiste : il existe peut-être, sous nos yeux, des réserves entières de discernement, des pépites intellectuelles, des matériaux oubliés, non pas inutiles, mais simplement non reliés. C’est à partir de cette intuition qu’un modèle devient nécessaire : non pour surveiller les archives, mais pour les réveiller ; non pour accumuler encore, mais pour apprendre à relier, cartographier et transmettre. 🜅
Sous la poussière des registres,
des pensées attendent encore leur heure.
Le savoir ne manque pas toujours au monde ;
parfois, il dort sans réseau pour le réveiller.
🜁 LE RÉSEAU AXIAL 🜅
LA CIRCULATION ORIENTÉE PAR LE DISCERNEMENT
☑ LE PONT FÉCOND
« Ce qui donne sens à une information, ce n’est pas seulement qu’elle circule, mais qu’elle trouve sa juste place. »
— Formule axiale
🜁 Après avoir distingué Homo Axialis et Homo Socialis, une tension apparaît. D’un côté, l’humain de l’Axe cherche à conserver, structurer, métacadrer et transmettre. De l’autre, l’humain du Réseau cherche à relier, réagir, circuler, appartenir et rendre visible. Notre époque a donné une puissance inédite à cette seconde logique. Les réseaux sociaux ont transformé la parole en flux, la relation en interface, l’attention en ressource, et l’identité en présence mesurable. Ils ont permis des rencontres, des transmissions, des solidarités, des émergences créatives. Mais ils ont aussi rendu visible une fragilité : lorsque tout circule trop vite, ce qui mérite d’être approfondi peut disparaître sous ce qui capte immédiatement. L’enjeu n’est donc pas de condamner le réseau, mais de se demander ce qu’il devient lorsqu’il n’est plus seulement gouverné par la visibilité. 🜅
🜁 Le problème est double. D’un côté, les réseaux sociaux organisent surtout la réaction, la viralité, la popularité, la notification, le commentaire rapide et la circulation instantanée. De l’autre, les archives dormantes contiennent une quantité immense de savoirs, de thèses, d’articles, de corpus, de notes, de cartographies, de pensées et d’expériences qui existent, mais qui ne sont plus toujours réactivées. Nous avons donc, d’un côté, une circulation intense mais parfois pauvre en profondeur ; de l’autre, une profondeur abondante mais souvent coupée de la circulation. C’est à partir de cette tension que j’imagine le Réseau axial : un modèle capable de reprendre la vitalité horizontale du réseau social et de l’orienter par les fonctions verticales de l’Axe. Le like pourrait devenir résonance. Le commentaire, approfondissement. Le partage, transmission. Le feed, cartographie. La notification, signal d’attention. Il ne s’agirait pas de supprimer les interactions sociales, mais de les réorienter pour qu’elles rendent les archives plus vivantes, les contributions plus lisibles et les savoirs plus féconds pour l’humanité. 🜅
🜁 Ce modèle n’est évidemment pas une architecture définitive. Il ne prétend pas résoudre, à lui seul, la complexité des usages humains, des plateformes, des institutions, des communautés ou des formes de transmission. Il s’agit d’une proposition, d’une expérience de pensée, d’un prototype conceptuel. Un réseau axial devrait rester ajustable au réel : différent selon les individus, les missions, les époques, les cultures, les niveaux de maturité, les besoins du terrain et les formes de contribution. Ce qui fonctionne pour un chercheur ne fonctionnera pas nécessairement pour un artiste, un enseignant, un thérapeute, un journaliste, un étudiant ou un citoyen. Mais produire un visuel, une carte, une première interface, c’est déjà rendre pensable une autre manière d’organiser la circulation du savoir. Le modèle n’est pas encore le monde. Mais il peut devenir une porte.🜅
Si l’IA apprend à relier nos archives,
et si le réseau apprend à ralentir son flux,
alors une autre question commence.
Non plus seulement : que pouvons-nous produire ?
Mais : que pouvons-nous devenir ensemble ?
Si l’intériorité trouve des formes partageables,
si la société accueille des axes sans les broyer,
si le lien cesse d’être pure capture,
alors peut-être s’ouvre le troisième seuil :
Techno Sapiens III — Civilisation Intérieure.
QTLX — JOURNAL D’ATELIER
☑ VERTICALITÉ & HORIZONTALITÉ
☑ ARCHIVE, ARCHITECTURE, MÉTACADRAGE & TRANSMISSION
☑ DOMINATION, INFLUENCE, NORMATIVITÉ & SÉCURISATION
☑ LA RÉVÉLATION DES ARCHIVES DORMANTES
☑ LE PONT FÉCOND
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01010100 01001001 01000011 01000001 01001100
🜁 SOURCES & INSPIRATIONS BIBLIOGRAPHIQUES 🜅
🜁 Marshall McLuhan — Pour comprendre les médias ; The Medium is the Massage — Médium, perception, extension de l’humain, transformation des structures sociales par les outils techniques. 🜅
🜁 Bernard Stiegler — La Technique et le Temps ; Prendre soin ; Dans la disruption — Technique, mémoire externalisée, prolétarisation de l’attention, soin du discernement et pharmacologie des outils. 🜅
🜁 Gilbert Simondon — Du mode d’existence des objets techniques ; L’individuation — Technique, individuation, milieu associé, relation entre humain, outil, système et devenir collectif. 🜅
🜁 Manuel Castells — La Société en réseaux ; Communication Power — Réseaux, pouvoir, circulation de l’information, société connectée et nouvelles architectures sociales. 🜅
🜁 Erving Goffman — La Mise en scène de la vie quotidienne ; Les Rites d’interaction — Présentation de soi, rôle social, façade, interaction, scène relationnelle et gestion du regard d’autrui. 🜅
🜁 Pierre Bourdieu — La Distinction ; Langage et pouvoir symbolique ; Sur la télévision — Champs sociaux, capital symbolique, légitimité, domination, habitus et mécanismes de visibilité. 🜅
🜁 Michel Foucault — L’Archéologie du savoir ; Surveiller et punir ; L’Ordre du discours — Archive, discours, pouvoir, dispositifs, normes, savoirs institués et conditions de visibilité. 🜅
🜁 Jacques Derrida — Mal d’archive ; La Dissémination — Archive, trace, mémoire, conservation, oubli, hantise du document et réactivation du sens. 🜅
🜁 Bruno Latour — Nous n’avons jamais été modernes ; Changer de société, refaire de la sociologie — Réseaux d’acteurs, médiations, circulation des savoirs, associations entre humains, objets et institutions. 🜅
🜁 Shoshana Zuboff — The Age of Surveillance Capitalism — Capture attentionnelle, extraction comportementale, plateformes, prédiction sociale et économie de la visibilité. 🜅
🜁 Dominique Cardon — À quoi rêvent les algorithmes ; Culture numérique — Algorithmes, réseaux sociaux, classement, visibilité, recommandation et organisation numérique de l’attention. 🜅
🜁 Luciano Floridi — The Fourth Revolution ; The Ethics of Information — Âge informationnel, infosphère, identité numérique, éthique de l’information et transformation anthropologique par les technologies. 🜅
🜁 Vannevar Bush / Paul Otlet — As We May Think ; Traité de documentation — Mémoire augmentée, hyperliens, documentation, bibliothèques universelles, organisation et réactivation des savoirs. 🜅
🜁 Hartmut Rosa / Byung-Chul Han — Accélération ; La Société de la fatigue ; Dans la nuée — Accélération sociale, fatigue attentionnelle, transparence, hypercommunication, dispersion et perte de résonance. 🜅
🜁 Le Verbe Vertical ne s’explique plus… Il se traverse🜅














Le retour sera donc plus rapide que prévu. Il me semble que ton texte est très proche d’une intuition que je travaille autrement dans la Voie des Arpenteurs : l’idée que l’humain ne peut pas être compris seulement par ses outils, mais par l’orientation intérieure depuis laquelle il les mobilise.
Là où ta distinction Homo Axialis / Homo Socialis me paraît forte, c’est qu’elle ne moralise pas les personnes : elle observe des logiques. L’IA devient alors un amplificateur de ces logiques, comme l’industrialisation a pu amplifier certaines logiques humaines dans notre rapport au vivant.
Si je devais apporter un contrepoint arpenteur, je dirais ceci : l’Axe ne peut pas seulement être une structure de connaissance. Il doit aussi devenir une épreuve d’alignement. Car on peut archiver, cartographier, transmettre et métacadrer sans pour autant grandir intérieurement.
La question complémentaire serait donc : le discernement sert-il seulement à mieux organiser le savoir, ou aussi à rendre l’être plus responsable de ses actes ?
C’est peut-être là que nos deux démarches peuvent se parler : ton Réseau axial cherche à faire circuler le savoir sans le dissoudre ; la Voie des Arpenteurs cherche à faire mûrir l’être sans le couper du monde. Entre les deux, il y a peut-être une même exigence : que la verticalité ne reste pas une idée, mais devienne une manière d’habiter le réel.
Ou, plus simplement : que devient celui qui sait ?