De vous trois, il y a un imposteur : celui qui se veut plus grand qu’il n’est.
Toi qui te nommes la Loi, tu n’es pas la Loi cosmique, mais la représentation que le JE s’en donne. Tu appartiens encore à son théâtre intérieur.
L’ordre réel ne prononce pas de sentences. Il constitue le réseau de relations, de contraintes et de possibilités au sein duquel le JE apparaît et agit. Ne prétends donc pas savoir ce qui doit advenir. Tu peux orienter le Moi, mais tu ne peux ni te substituer au réel ni décider à sa place.
Toi qui affirmes, ordonnes, juges et prétends connaître l’avenir, rappelle-toi que même la gravité ne décrète pas quel événement doit se produire : elle participe aux conditions selon lesquelles certains événements deviennent possibles.
Le Moi ne doit donc pas croire que tu sais. Il doit comprendre que, même s’il ne maîtrise ni toutes les causes ni tous les effets de ses décisions, c’est encore par ses choix qu’il peut entrer en relation avec le Soi.
Le psychique n’est pas au-dessus du réel : il est inclus dans l’ontologique.
Descends donc de ton trône. Cesse de te prendre pour la source et laisse le Soi et le Moi accomplir leur œuvre.
Quelque part, je suis sincèrement content que tu habites ce texte avec autant de conviction et d’engagement. Mais, d’un autre côté, je me retrouve face à une ambiguïté : ton message est si frontal que je ne sais pas toujours si tu t’adresses à moi personnellement, ou à la figure fictive qui, dans le dialogue, prend momentanément le nom de « Loi ».
Si tu accordes une réelle attention au dispositif, je t’invite à relire le préambule. J’y précise volontairement que je ne définis ni la Loi, ni le Soi, ni le Moi, que ces trois voix appartiennent à un dialogue intérieur, et qu’elles doivent être traversées plutôt que fixées. Elles ne sont pas présentées comme trois entités doctrinales dont l’une porterait définitivement ma position.
Tu écris :
👉🏼« Toi qui te nommes la Loi, tu n’es pas la Loi cosmique. »
Mais le texte ne prétend nulle part que cette voix soit la Loi cosmique elle-même. Elle constitue précisément une représentation intérieure, théâtralisée, parfois excessive, parfois autoritaire, parfois même comique. Lui reprocher d’appartenir encore au théâtre intérieur revient donc à lui reprocher exactement ce qu’elle est censée être dans le dispositif.
Tu écris également :
👉🏼« L’ordre réel ne prononce pas de sentences. »
Je suis pleinement d’accord. Mais la Loi de ce texte parle parce qu’elle est une voix dramatique. Ce n’est pas le réel qui prononce littéralement des phrases : c’est une conscience humaine qui donne une forme verbale à la manière dont elle éprouve la nécessité, la limite, l’ordre, la causalité ou le destin.
D’ailleurs, quelle que soit la personne à laquelle ton injonction s’adresse — à moi ou à cette Loi fictive — la manière dont tu articules toi-même ta pensée entre dans un registre très proche de celui que tu dénonces :
👉🏼« Ne prétends donc pas savoir. »
👉🏼« Rappelle-toi. »
👉🏼« Descends donc de ton trône. »
👉🏼« Cesse de te prendre pour la source. »
👉🏼« Laisse le Soi et le Moi accomplir leur œuvre. »
Tu contestes une voix qui affirme, ordonne et juge en lui répondant par une voix qui affirme, ordonne et juge. Cela ne rend pas ton propos illégitime, mais cela déplace inévitablement la question :
qui parle ici au nom de la Loi, au fond ?
Sur le fond, plusieurs éléments que tu développes sont non seulement recevables, mais déjà intégrés au mouvement du texte.
Tu dis que la Loi ne doit pas se prendre pour la source. Or le texte commence précisément par annoncer :
👉🏼La Loi tombe.
Tu dis qu’elle ne peut se substituer au réel. Or elle perd progressivement sa position souveraine au cours du dialogue.
Tu dis qu’elle ne doit pas empêcher le Moi et le Soi d’accomplir leur œuvre. Or la résolution finale ne consacre ni sa toute-puissance ni son omniscience. Elle la replace dans une fonction plus limitée :
👉🏼La Loi structure.
👉🏼Le Soi accueille.
👉🏼Le Moi est.
La Loi ne décide donc plus de tout. Elle structure.
Le Soi n’est plus seulement tiraillé. Il accueille.
Le Moi ne se réduit plus à tenir contre l’effondrement. Il est.
Tu sembles ainsi combattre la première posture de la Loi comme si elle constituait la conclusion du texte, alors que le dialogue organise justement sa transformation. Ce que tu lui demandes — descendre de son trône — le texte le lui fait déjà accomplir.
Même ta distinction entre détermination et condition de possibilité entre pleinement dans cette résolution. Dire que la Loi structure ne signifie pas qu’elle décrète chaque événement. Cela signifie qu’elle participe à la forme, aux contraintes et aux conditions au sein desquelles quelque chose peut apparaître.
Je te remercie donc pour cette interprétation, parce qu’elle révèle une résistance réelle, forte et intellectuellement articulée. Mais, sans vouloir te réduire à cette seule réaction, elle me donne aussi l’impression que la simple apparition d’une puissance qui se légitime, ordonne ou hiérarchise provoque chez toi un braquage presque immédiat.
Je peux parfaitement le concevoir. Il est même légitime de défendre une vigilance profonde contre toute autorité qui se prétendrait absolue.
Mais cette vigilance gagne peut-être à rester ouverte, afin que le refus d’une domination ne devienne pas lui-même un automatisme interprétatif. Autrement, en voulant laisser le réel s’exprimer entièrement, on risque de lui imposer trop vite la forme sous laquelle il doit être entendu.
Ton commentaire ne me dérange donc pas parce qu’il contredit le texte. Il m’intéresse justement parce qu’il y entre avec une telle intensité qu’il finit par reproduire, à son tour, la voix qu’il voulait destituer.
rien de frontal, je me suis amusé avec tes personnages, en adoptant une approche aussi théatrale. C'était un simple jeu de marionnettiste.
A la question qui parle, cela pourrait être dans mon référentiel le Soi, l'individualité spirituelle qui veut remettre à saplace la "loi" afin que le moi soit plus libre.
Promis, la prochaine fois je préviendrai quand j'accepte ton jeu ;-)
De vous trois, il y a un imposteur : celui qui se veut plus grand qu’il n’est.
Toi qui te nommes la Loi, tu n’es pas la Loi cosmique, mais la représentation que le JE s’en donne. Tu appartiens encore à son théâtre intérieur.
L’ordre réel ne prononce pas de sentences. Il constitue le réseau de relations, de contraintes et de possibilités au sein duquel le JE apparaît et agit. Ne prétends donc pas savoir ce qui doit advenir. Tu peux orienter le Moi, mais tu ne peux ni te substituer au réel ni décider à sa place.
Toi qui affirmes, ordonnes, juges et prétends connaître l’avenir, rappelle-toi que même la gravité ne décrète pas quel événement doit se produire : elle participe aux conditions selon lesquelles certains événements deviennent possibles.
Le Moi ne doit donc pas croire que tu sais. Il doit comprendre que, même s’il ne maîtrise ni toutes les causes ni tous les effets de ses décisions, c’est encore par ses choix qu’il peut entrer en relation avec le Soi.
Le psychique n’est pas au-dessus du réel : il est inclus dans l’ontologique.
Descends donc de ton trône. Cesse de te prendre pour la source et laisse le Soi et le Moi accomplir leur œuvre.
Merci pour ton commentaire.
Quelque part, je suis sincèrement content que tu habites ce texte avec autant de conviction et d’engagement. Mais, d’un autre côté, je me retrouve face à une ambiguïté : ton message est si frontal que je ne sais pas toujours si tu t’adresses à moi personnellement, ou à la figure fictive qui, dans le dialogue, prend momentanément le nom de « Loi ».
Si tu accordes une réelle attention au dispositif, je t’invite à relire le préambule. J’y précise volontairement que je ne définis ni la Loi, ni le Soi, ni le Moi, que ces trois voix appartiennent à un dialogue intérieur, et qu’elles doivent être traversées plutôt que fixées. Elles ne sont pas présentées comme trois entités doctrinales dont l’une porterait définitivement ma position.
Tu écris :
👉🏼« Toi qui te nommes la Loi, tu n’es pas la Loi cosmique. »
Mais le texte ne prétend nulle part que cette voix soit la Loi cosmique elle-même. Elle constitue précisément une représentation intérieure, théâtralisée, parfois excessive, parfois autoritaire, parfois même comique. Lui reprocher d’appartenir encore au théâtre intérieur revient donc à lui reprocher exactement ce qu’elle est censée être dans le dispositif.
Tu écris également :
👉🏼« L’ordre réel ne prononce pas de sentences. »
Je suis pleinement d’accord. Mais la Loi de ce texte parle parce qu’elle est une voix dramatique. Ce n’est pas le réel qui prononce littéralement des phrases : c’est une conscience humaine qui donne une forme verbale à la manière dont elle éprouve la nécessité, la limite, l’ordre, la causalité ou le destin.
D’ailleurs, quelle que soit la personne à laquelle ton injonction s’adresse — à moi ou à cette Loi fictive — la manière dont tu articules toi-même ta pensée entre dans un registre très proche de celui que tu dénonces :
👉🏼« Ne prétends donc pas savoir. »
👉🏼« Rappelle-toi. »
👉🏼« Descends donc de ton trône. »
👉🏼« Cesse de te prendre pour la source. »
👉🏼« Laisse le Soi et le Moi accomplir leur œuvre. »
Tu contestes une voix qui affirme, ordonne et juge en lui répondant par une voix qui affirme, ordonne et juge. Cela ne rend pas ton propos illégitime, mais cela déplace inévitablement la question :
qui parle ici au nom de la Loi, au fond ?
Sur le fond, plusieurs éléments que tu développes sont non seulement recevables, mais déjà intégrés au mouvement du texte.
Tu dis que la Loi ne doit pas se prendre pour la source. Or le texte commence précisément par annoncer :
👉🏼La Loi tombe.
Tu dis qu’elle ne peut se substituer au réel. Or elle perd progressivement sa position souveraine au cours du dialogue.
Tu dis qu’elle ne doit pas empêcher le Moi et le Soi d’accomplir leur œuvre. Or la résolution finale ne consacre ni sa toute-puissance ni son omniscience. Elle la replace dans une fonction plus limitée :
👉🏼La Loi structure.
👉🏼Le Soi accueille.
👉🏼Le Moi est.
La Loi ne décide donc plus de tout. Elle structure.
Le Soi n’est plus seulement tiraillé. Il accueille.
Le Moi ne se réduit plus à tenir contre l’effondrement. Il est.
Tu sembles ainsi combattre la première posture de la Loi comme si elle constituait la conclusion du texte, alors que le dialogue organise justement sa transformation. Ce que tu lui demandes — descendre de son trône — le texte le lui fait déjà accomplir.
Même ta distinction entre détermination et condition de possibilité entre pleinement dans cette résolution. Dire que la Loi structure ne signifie pas qu’elle décrète chaque événement. Cela signifie qu’elle participe à la forme, aux contraintes et aux conditions au sein desquelles quelque chose peut apparaître.
Je te remercie donc pour cette interprétation, parce qu’elle révèle une résistance réelle, forte et intellectuellement articulée. Mais, sans vouloir te réduire à cette seule réaction, elle me donne aussi l’impression que la simple apparition d’une puissance qui se légitime, ordonne ou hiérarchise provoque chez toi un braquage presque immédiat.
Je peux parfaitement le concevoir. Il est même légitime de défendre une vigilance profonde contre toute autorité qui se prétendrait absolue.
Mais cette vigilance gagne peut-être à rester ouverte, afin que le refus d’une domination ne devienne pas lui-même un automatisme interprétatif. Autrement, en voulant laisser le réel s’exprimer entièrement, on risque de lui imposer trop vite la forme sous laquelle il doit être entendu.
Ton commentaire ne me dérange donc pas parce qu’il contredit le texte. Il m’intéresse justement parce qu’il y entre avec une telle intensité qu’il finit par reproduire, à son tour, la voix qu’il voulait destituer.
rien de frontal, je me suis amusé avec tes personnages, en adoptant une approche aussi théatrale. C'était un simple jeu de marionnettiste.
A la question qui parle, cela pourrait être dans mon référentiel le Soi, l'individualité spirituelle qui veut remettre à saplace la "loi" afin que le moi soit plus libre.
Promis, la prochaine fois je préviendrai quand j'accepte ton jeu ;-)
Oui, préviens lol.
J'étais à deux doigts de me mettre en position foetale.
trop à décoder
Juste une chose à dire : ♾️