Merci pour cet article percutant, passionnant! Ces réflexions tombe à point dans mon cheminement. J'ai embarqué dans ce train dev perso - comme tu le dis bien, il y a eu des effets effectivement transformateurs, tout n'est pas à jeter - mais dernièrement j'ai ressenti une lassitude, une confusion qui me donne envie de simplement me poser. La plus grande peur derrière cette motivation à évoluer, s'améliorer, devenir "la meilleure version de soi" m'a semblé être la peur de la vulnérabilité et c'est cette peur/refus qui coupe aussi des expériences les plus belles d'être en vie (intimité et connexion, émerveillement face aux mystères de l'invisible, de la mort, du destin) et c'est un vrai levier de transformation lorsque qu'on s'y donne entièrement. Merci!
C’est moi qui vous remercie pour ce commentaire et pour cette lecture si fine.
Votre témoignage prolonge presque naturellement l’idée des cinq fissures. Dans mon préambule, j’évoque brièvement la possibilité d’un sixième mouvement, mais je ne l’ai pas encore réellement développé : après avoir voulu nous améliorer, nous optimiser et nous dépasser, peut-être commençons-nous à ressentir le besoin de simplement nous habiter.
Ma volonté n’était pas de condamner le développement personnel ni d’en nier les effets réels. Je cherchais plutôt à comprendre comment nous en sommes arrivés à faire du soi un chantier permanent, puis parfois un objet soumis à une obligation continue de transformation.
Ce que vous soulevez à propos de l’intimité, de la connexion, de l’émerveillement, de l’invisible, de la mort ou du destin me paraît particulièrement important. Ce sont précisément des dimensions qui résistent à la maîtrise, à l’optimisation et à la logique du résultat. Elles demandent moins d’être corrigées que traversées, accueillies, parfois même consenties.
Cela résonne aussi avec mon propre cheminement. J’ai longtemps cherché à structurer, comprendre, maîtriser et transformer. Or certains événements m’ont obligé à reconnaître qu’une part essentielle de l’existence ne se laisse ni programmer ni négocier. Accepter cette limite a été difficile, mais elle m’a aussi déplacé : de la volonté de tout transformer vers la nécessité d’apprendre à habiter ce qui demeure.
Votre commentaire ouvre donc une piste très féconde : peut-être que la sixième fissure commence précisément lorsque l’amélioration cesse d’être l’unique horizon, et que la vulnérabilité n’est plus seulement perçue comme un défaut à dépasser, mais comme une condition possible de la rencontre et de la profondeur.
Merci sincèrement d’avoir partagé ce témoignage. Il ne répète pas simplement le texte, il la prolongé.
Merci pour cet article percutant, passionnant! Ces réflexions tombe à point dans mon cheminement. J'ai embarqué dans ce train dev perso - comme tu le dis bien, il y a eu des effets effectivement transformateurs, tout n'est pas à jeter - mais dernièrement j'ai ressenti une lassitude, une confusion qui me donne envie de simplement me poser. La plus grande peur derrière cette motivation à évoluer, s'améliorer, devenir "la meilleure version de soi" m'a semblé être la peur de la vulnérabilité et c'est cette peur/refus qui coupe aussi des expériences les plus belles d'être en vie (intimité et connexion, émerveillement face aux mystères de l'invisible, de la mort, du destin) et c'est un vrai levier de transformation lorsque qu'on s'y donne entièrement. Merci!
C’est moi qui vous remercie pour ce commentaire et pour cette lecture si fine.
Votre témoignage prolonge presque naturellement l’idée des cinq fissures. Dans mon préambule, j’évoque brièvement la possibilité d’un sixième mouvement, mais je ne l’ai pas encore réellement développé : après avoir voulu nous améliorer, nous optimiser et nous dépasser, peut-être commençons-nous à ressentir le besoin de simplement nous habiter.
Ma volonté n’était pas de condamner le développement personnel ni d’en nier les effets réels. Je cherchais plutôt à comprendre comment nous en sommes arrivés à faire du soi un chantier permanent, puis parfois un objet soumis à une obligation continue de transformation.
Ce que vous soulevez à propos de l’intimité, de la connexion, de l’émerveillement, de l’invisible, de la mort ou du destin me paraît particulièrement important. Ce sont précisément des dimensions qui résistent à la maîtrise, à l’optimisation et à la logique du résultat. Elles demandent moins d’être corrigées que traversées, accueillies, parfois même consenties.
Cela résonne aussi avec mon propre cheminement. J’ai longtemps cherché à structurer, comprendre, maîtriser et transformer. Or certains événements m’ont obligé à reconnaître qu’une part essentielle de l’existence ne se laisse ni programmer ni négocier. Accepter cette limite a été difficile, mais elle m’a aussi déplacé : de la volonté de tout transformer vers la nécessité d’apprendre à habiter ce qui demeure.
Votre commentaire ouvre donc une piste très féconde : peut-être que la sixième fissure commence précisément lorsque l’amélioration cesse d’être l’unique horizon, et que la vulnérabilité n’est plus seulement perçue comme un défaut à dépasser, mais comme une condition possible de la rencontre et de la profondeur.
Merci sincèrement d’avoir partagé ce témoignage. Il ne répète pas simplement le texte, il la prolongé.